« Esprit de joie, Tu n’es le compagnon ni du bruit ni de la vanité,

Tu es la fleur de l’amour et de l’humilité,

Tu grandis dans la maison du silence, Tu es libre comme le vent,

Tu es la source au cœur de l’enfant qui fredonne une chanson.

 

Esprit de joie, Tu nous transportes parfois comme un torrent,

si fort que nous avons envie de chanter, de danser

ou de nous taire infiniment, inondés de paix ;

mais Tes eaux se font parfois si souterraines

qu’elles semblent mortes, taries, la souffrance,

le malheur ou la haine paraissent T’avoir totalement englouti ;

nous avons alors envie de maudire toute joie

et d’insulter tous ceux qui osent encore parler de Toi !

Il nous faut alors marcher, errer, dans la nuit,

dans le désert, chercher un puits, le désensabler

       pour entendre à nouveau la chanson de Ta source

                  encore plus pure et plus belle, mais à quelle profondeur nouvelle !

 

 

 Esprit de joie, Tu es cohérence et harmonie, Tu es sagesse intérieure,

Tu es Don de Dieu, jaillissement de sa Vie, au plus intime de notre cœur ;

        Tu es le signe que l’homme est en marche vers sa vérité,

        Tu es dépassement de nos échecs surmontés,

        Tu es victoire remportée sur le chaos de nos passions,

        Tu es pauvreté assumée sur la ruine de nos illusions ;

        Tu es le fruit de l’accueil du Tout Autre dans notre maison,

         et de l’accueil de tous les autres sans aucune discrimination ;

        Tu es un art de vivre et une manière d’aimer ses frères.

 

Esprit de joie, que de fois je T’ai retrouvé au cœur de l’imprévu,

alors que je croyais T’avoir définitivement perdu !

 Combien de fois Tu as jailli, soudain, de la ronde des enfants rieurs sous ma fenêtre,

de deux amoureux courant dans une prairie comme deux papillons butinant les fleurs,

d’un couple vieillards, se tenant la main, dont les visages racontent une longue histoire d’amour,

    de ce clochard malicieux qui commente avec humour

 la course folle des gens qui se bousculent dans le métro,

 de cet ami de la nature qui caresse un arbre avec de la tendresse plein les yeux,

     de cette contemplative dont le visage est comme un reflet du sourire de Dieu,

     de ces jeunes handicapés qui, poussant leur fauteuil roulant,

crient leur joie de se dépasser au cours d’un match de basket acharné…

 

Si chacun de nous, le soir, en repensant sa journée,

pouvait découvrir un signe de Toi,

Esprit de Joie, ma sœur la Joie, la Joie de Dieu ! Amen. »

Michel H – ofm